Je réponds à Eric Zemmour

Booska-P n’ont qu’à bien se tenir.

Eric Zemmour a eu le courage de prononcer ces mots : “ Le rap est une sous culture”. Faut dire que dans un contexte où il était en procès avec Youssoupha il n’a vraiment pas eu peur. Aujourd’hui on a envie de lui répondre et de répondre à tous ceux qui pensent la même chose. Non pas pour vous convaincre que c’est un bon style de musique à écouter. C’est clairement plus intéressant de vous ridiculiser de manière construite. Par la même occasion, de dévoiler que malgré ce que vous voulez nous faire croire, nous vous surpassons clairement au niveau culture musicale. ( c’est de l’humour, on vous aimes bien ).

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Pas d’inquiétude, nous allons nous calmer… Eric, pour tes prochaines interventions médiatiques nous te rappelons que un argumentaire ne se construit que par rapport à des faits. Il est donc légitime d’expliquer et de comprendre comment ce genre a commencé . Tout d’abord ce genre a débuté de l’autre côté de l’Atlantique. Et oui, on a encore prit comme exemple les américains ( l’éternel model.. moins en ce moment avec l’actualité c’est vrai…). Il fut apporté par les jeunes dans les ghettos. Ils tapaient sur des barils vides. Puis, ils ont progressivement ajoutés des paroles souvent pour parler de leurs problèmes familiaux, sociaux ( ségrégation sociale, raciale ). Ils s’exprimaient également pour jouer avec leur ego, accentuant le côté égocentrique et insolent de leur personnalité : «mon gang c’est le meilleur ».

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A ce moment là, ils viennent de créer le rap sans même le savoir. Le succès est tout d’abord dans les prisons puis il commence à être propulsé à travers toute la société par deux facteurs. Tout d’abord, le progrès de la culture hip hop « afro » avec les tags ou les battles de breakdance.

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Le second élément est la croissance de la classe populaire travaillant dans les usines. Ils se reconnaissent dans les paroles et font ainsi fonctionner cette musique au sein de leur groupe social. Les jeunes écoutent beaucoup à travers des idoles et copient des styles vestimentaires. Ainsi par un phénomène de mimétisme (en vrai pour paraître cool devant les filles ) la classe bourgeoise ou moyenne joue le jeu.

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Cette consommation de masse est propulsée par des artistes qui deviennent des stars tels que 50cent, Eminem, Dr Dre et 2 Pac. Avec des titres emblématiques comme In da Club, Love Yourself, Still D.R.E ou encore Dear Mama.

 

En France, on observe et on veut copier les américains ( comme souvent ). Des artistes tels que IAM ou NTM font découvrir ce milieu au grand public. Ces rappeurs commencent à proposer ce nouveau style par trois aspects. Un aspect dénonciateur (sur le racisme majoritairement). Ils créent le rap en France avec comme objectif d’être le meilleur lyriciste avec des métaphores toujours plus travaillées des rimes qui s’allongent. Enfin, Ils travaillent en amont le texte, d’où les arguments dans les critiques que l’on peut voir sur internet du style “c’était mieux avant”.

Les rappeurs français débutent sans trop de budget, ils ont plutôt du mal à se vendre et commencent leur projet musical souvent un peu de manière intempestive. Malheureusement en France on as peu de beatmakers ( ceux qui construisent les instrumentales) et c’est souvent les mêmes qui ont les meilleures instrumentales ( Booba).

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Niveau contenu de ces dernières ( on en a pas encore parlé ), tout comme aux Etats-Unis; on utilise pas mal d’instrus funk au départ. Bref, revenons-en à notre cours d’histoire. La France connaît le déclin du Rock, l’opinion se lasse et le succès des années 70 semble s’essouffler. Mais la France est un pays qui aime débattre et s’exprimer alors ils finissent par plaire. Le style s’adapte pour les mêmes raisons qu’au Etats-Unis, c’est à dire la montée du style Hip Hop et la croissance du prolétariat. Pour ceux qui n’ont pas suivis nous sommes dans les 90’s. Les jeunes écoutent de plus en plus, des radios apparaissent ( SkyRock). Le rap connaît alors en cette période un vrai succès.

 

Dans le passage des années 2000, malgré la montée de la Pop, le succès se poursuit. On remarque chez les rappeurs une tendance générationnelle. Elle consiste à reproduire ce que les “grands”  faisaient auparavant; il suffit de voir des anciens sons de Nekfeu, de Youssoupha ou encore d’Orelsan pour voir combien la technique leur est chère. Les clips et les concerts apparaissent et semblent de plus en plus travaillés. Par ailleurs, les maisons de disques s’impliquent de plus en plus dans les projets artistiques.

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On remarque encore le fort engouement des jeunes pour ce genre musical. Une réelle consommation de masse se créée en France. Le Rap se diversifie avec des sujets et des artistes plus ou moins engagés. Chacun en vient a créé son univers et son personnage. Ils parlent de ce que chacun d’entre nous peut vivre et donne de plus en plus d’exemples en délaissant parfois l’aspect technique des rimes pour s’impliquer dans des textes plus touchants.

 

De part tous ces facteurs, il est évident que cette nouvelle mode devient de plus en plus rentable. Certains artistes choisissent de faire des musiques plus commerciales. Dans le but de rassembler, en délaissant parfois le côté dénonciateur et transpirant. Avec moins de vulgarité. Les artistes incarnant ce mouvement sont Lartiste, Dadju, Maitre Gims, Black M. Il ont tendance à être méprisés. Selon nous ils ne faut pas les blâmer. Nous sommes d’accord sur le fait que c’est dommage qu’ils aient délaissés le texte. Mais le constat est sans appel, c’est grâce à eux que cette musique a pu se développer et apparaît aujourd’hui comme le genre le plus écouté.

 

Le rap évolue aujourd’hui. Actuellement,Il est en plein mouvement, le côté dénonciateur et revendicateur apparaît de manière moins récurrente. Mais les textes sont tout aussi travaillés, ils sont plus poétiques. Avec les mêmes valeurs qu’avant à savoir l’amitié, l’amour, la persévérance face à la misère ou face à la solitude. Cependant on constate une progression d’une autre sous catégorie du rap. Celle de “l’ego-trip” qui consiste à faire l’éloge de soi. Avec des thèmes récurrents tels que son pouvoir de séduction ou financier.

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En conclusion, petite aparté pour Eric Zemmour, non le Rap n’est pas une sous culture. C’est un art qui rassemble des générations, qui traverse les continents et qui unit autant qu’il dérange. Je pense qu’il faut vraiment regarder le fond de la pensée des textes et ce qu’ils veulent dire. Inutile de dire que le RAP c’est pour les racailles avec des « nique ta mère ». Ça va plus loin que ça et c’est important de comprendre pourquoi une telle colère est exprimée. Dont souvent l’explication est sociale. Bref, comprendre à qui ils s’adressent et pourquoi ils sont écrits.

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On s’est focalisé ici dans une analyse. Dans le prochain article on se demandera quels sont les artistes influents aujourd’hui ? Et comment semble évoluer le rap dans les années à venir ?

 

Soualmi Killian

 

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